Gezant Constantinopel Van Welderen Rengers aan minister van BZ Van Karnebeek

Gezantschap der Nederlanden

Constantinopel, 22 October 1921.
[gestempeld met: ingekomen Buitenl. Zaken 31 OCT. 1921, Exh: 2/11 1921, Kabt. No. 5254]

Nº 1529/377

Armeensche aangelegenheid.

Zijner Excellentie den Heere Minister van Buitenlandsche Zaken te 's Gravenhage.

Ik heb de eer Uwer Excellentie hiernevens te doen toekomen afschrift van een door de hoofden der drie Armeensche godsdienstige gezindten te dezer stede tot den Franschen Hoogen Commissaris gericht schrijven betreffende de op handen zijnde ontruiming van Cilicië.

Deze toezending geschiedt ingevolge het desbetreffend verzoek van den Armeenschen Patriarch, welke mij daarbij tevens heeft verzocht de aandacht van Hr. Ms. Regeering te vestigen op het uiterst groote gewicht van bedoeld verzoekschrift.

De Gezant

Van Welderen Rengers

[handgeschreven aantekening]
Kennisgeving

[bijlage]

Conseil Mixte Arménien

Constantinople, le 14 Octobre 1981

A Son Excellence Monsieur le Général Péllé
Haut-Commissaire du Gouvernement de la République Française.

Monsieur le haut-Commisaire,

Vu l'extrême gravité des changements qui se préparent dans l'administration de la Cilicie et qui ont fait l'objet de l'entreties que Votre Excellence a bien voulu nous accorder avant-hier, nous avons considéré, en tant que les chefs responsables des Arméniens de Turquie, de notre devoir de revenir sur les appréhensions et les préoccupations que les mesures projetées nous inspirent quant au sort de nos nationaux se trouvant dans cette région.

Nous voulons tout d'abord axprimer à Votre Excellence les profonds regrets et la grande déception que causerait parmi les Arméniens et les Chrétiens en général, l'évacuation de la Cilicie par les forces françaises. Nos compatriotes avaient en particlier salué avec une vive satisfaction l'occupation de cette partie de l'Asie Mineure par les armées de la République qui leur apportaient la sécurité et la justice et les Autorités françaises se sont acquis durant cette période des titres multiples à leur reconaissance.

Le sort, qui attend les Arméniens de la Cilicie en cas d'evacuation de cette contrée par les troupes françaises, est trop évident et trop tragique pour qu'il nous soit possible de ne pas clamer nos viver préoccupations à ce sujet.

Ces malheureuses population, qui ont été concentrées dans ces régions sur les promesses de protection et d'assistance des Alliés, seraient abandonnées purement et simplement au bon plaisir des Autorités qui exercent un pouvoir absolu sans contrôle et sans responsabilité. Particlièrement les évènements tous récents, les tragédies, qui se sont déroulées dans les régions de Marsifoun, de Havza, d'Artvin, de Zeitoun etc, ne permettent aucun doute à ce sujet: sous n'importe quel prétexte, sous une forme ou une autre, les Arméniens résidant en territoire évacué seront voués à une extermination certaine, sans que les Kémalistes se considèrent comme tenus à des ménagements quelconques, ou qu'ils aient à redouter quelque sanction.

L'experience sous prouve d'autre part combies il serait illusoire de compter sur des engagements souscrits par les nationalistes d'Angora dans les instruments diplomatiques quand de solides garanties matérielles ne sont pas prévues pour en assurer le respect. A ce propos, nous ne puovons mieux faire que de nous référer à la note que nous avons eu l'honneur de remttre au Haut-Commisariat de la République le 9 Avril dernier et dans laquelle perlant des mesures qui avaient été envisagées par la Gouvernement Français pour assurer pratiquement la sécurité des Arméniens, nous nous permettions de lui soumettre des prières et des suggestions.

D'après les déclarations que Votre Excellence a bien voulu nous faire avant-hier, il apparaît comme certain que les négociations en cours entre le Gouvernemet de la République et Moustapha Kémal aboutiront bientôt à l'évacuation de ce dernier refuge des Arméniens en Turquie et l'on se trouvera alors en présence d'une part de l'impossibilité matérielle absolue de transférer ces populations chrétiennes en un autre lieu présentant plus de sécurité pourleur existence et, de l'autre, de la menace constante d'inévitables mesures d'extermination sous les joug du gouvernement d'Angora.

Ainsi se pose impérieusement le problème dans toute sa simplicité: aviser d'urgence aux mesures les plus éfficaces pour assurer la sauvegarde de l'existence physique des importantes épaves des populations arméniennes d'Anatolie, jusqu'a ce que le foyer national, promis aux Arméniens par le Conseil Suprême de Londres en Mars 1921 et réclamé pour eux par la dernière Assemblée Générale de la Société des Nations, devienne une réalité.

Nous ne pouvons pas douter que le Gouvernement de la République, qui s'inspire dans tous des actes des grandes principes de justice et de liberté, ne trouve et n'adopte la solution commandée par les circonstances et qui ne peut être, à notre avis, que la suivante: Si la France se voit obligée d'evacuer la Cilicie, un régime provisoire devrait étre établi sur la porties de la Cilicie habitée par les Arméniens, par example une administration neutre effective, placée sous le contrôle supréme de la France ou d'un organisme international, dépendant de la Société des Nations, qui disposerait des moyens afficaces pour assurer la sécurité des Arméniens, tout au moins jusqu'au moment où la création du foyer arménien deviendra un fait accompli et que par la conclusion du traité de paix définitf avec les Alliés un gouvernement unique et responsiblesoit crée et les garanties nécessaires an ce qui concerne l'exécution et le respect des droits des minorité ethniques en Turquie soient assurés.

Veuillez agréer, Monsieur le Haut-Commisaire, les assurances de notre plus haute considération.

Le Chef de la Communauté Arménienne-Protestante.

Le Locum-Tenens du Patriarcat Arménien-Catholique.

Le Patriarche des Arméniens.

Bron: Nationaal Archief, Den Haag, Ministerie van Buitenlandse Zaken: Kabinet en Protocol, 1871 - 1940, nummer toegang 2.05.18, inventarisnummer 47/110.

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