Algemeen Handelsblad, 15 juli 1899
Bron: Koninklijke Bibliotheek

Armenië

De heer Kricor Arpiar verzoekt ons het volgend schrijven openbaar te maken dat hij de vorige week aan een zijner vrienden, die een Armenisch blad redigeert, heeft gezonden naar aanleiding van de hier gehouden meeting.

AMSTERDAM, le 8 Juillet '99.

Cher Monsieur!

Certes, vous attendez avec une grande impatience, de me lire et de savoir mon sort.

Après mon exil, ma premiere escale fut le beau et l'hospitalier pays de Hollande. Je suis bien portant et je pars sous peu pour la Suisse le coeur content, car j'ai eu le bonhour d'assister hier soir à une conférence, tenue par Monsieur Minas Tcheraz, sous le patronnage des trois députés les plus renommés du pays, pour la cause arménienne.

Vous rapporter fidèlement le discours si remarquable et si patriotique du vaillant avocat de notre nation opprimée dont la vie n'a été et n'est qu'un sacrifice dans son ensemble, peur la cause sublime de l'Arménie, je m'y sens incapable, seulement eroyez que teut a été dit.

On voit très rarement d'enthousiasme pareil á celui qui à regné pendant toute la durée de la conférence; des applaudissements frénétiques et des cris repétés de "Vive l'Arménie" faisaient, trembler la salle. Surtout quand l'éminent conférencier, en terminant son discours, s'adressait, dans une magnifique péroraison au peuple des Pays-Bas pour lui demander un peu de sympathie pour la nation arménienne et à S.M. la reine des Neérlandais pour la supplier de ne pas tendre sa main pure et angelique aux lèvres peintes du sang arménien des délegués du Grand Turc, l'enthousiasme était à sou comble. A travers toutes les machinations du Khalif, pour étouffer la voix de notre éminent avocat, la conférence a été la plus réussie.

Consolez et rejouissez-vous, cher monsieur, et que des milliers de coeurs sanglants se rejouissent avec vous. Car si ce n'est pas une victoire complète, c'est du moins une partielle. Le courant d'une lumière électrique a éclairé dans cette grandiose soirée le pays sombre de l'Arménie et un petit mais aussi grand peuple a oui, avec horreur et indignation, les souffrances et les supplices du peuple arménien. Aucun cocur àumain ne pouvait rester indifférent aux touchantes et belles paroles que le président de la Conférence, le célèbre deputé et professeur Monsieur A. Kuyper, le Gladstone des Pays-Bas, a adressé à la nation arménienne. En voici un passage: Je vous prie, Monsieur Tchéraz, d'être, par votre organe, l'interprète des saluts fraternels et des voeux a-dents du peuple hollandais, pour la délivrance et la prospérité de l'Arménie martyrisée.

Le souvenir de cette belle et touchante soirée restera gravé dans ma mémoire comme l'un des souvenirs les plus sublimes de ma vie.

Les Hollandais, assistant à la conférence, ont à maintes reprises temoigné leur sympathie à nous aux cris répétés de "Vive l'Arménie". Rendons ces cris, cher Monsieur, que tous les fils de l'Arménie aussi crient avec enthousiasme et du fond du coeur: "Vive la Hollande".

Toujours à Vous
KRICOR ARPIAR

Colofon